Affichage des articles dont le libellé est Comédies Romantiques. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Comédies Romantiques. Afficher tous les articles

lundi 16 juin 2008

Pellaina Kothalo (2006)

Sorti fin 2006, le film Pellaina Kothalo a créé la surprise en obtenant un succès assez inattendu, et a ravi le public par sa fraîcheur et son traitement original.

Hari (Jagapathi Babu) et Laskmi (Priyamani) vont se marier. C’est un mariage arrangé, car suivant les critères de l’agence matrimoniale, ils correspondent parfaitement. Mais certains proches du couple vont semer le trouble dans les sentiments des nouveaux mariés, qui vont alors enchaîner les coups bas et se déchirer presque constamment, juste pour ne pas se faire dominer par l’autre. La guerre des sexes a commencé, notre couple de jeunes mariés y resistera-t-il ?

Cette comédie romantique est une bouffée d’air frais dans le flux de masalas telugu qui envahit les écrans d’Andhra Pradesh chaque année. Pas de héros super fort qui éclate tous les méchants du don du quartier, pas de combat à la machette ou d’amourette de dix minutes prétexte à ramener le public féminin. Ici on s’attarde sur les sentiments des protagonistes et sur les difficultés que peut avoir un tout jeune couple à occulter les influences de leur l’entourage.

Pellaina Kathalo entre dans le vif du sujet dès le début avec le mariage du couple Hari-Lakshmi dans le premier quart d’heure du film. On se dit alors que l’histoire nous promet des rebondissements les plus invraisemblables les uns que les autres, mais on se trompe car l’action va se passer dans l’intimité du couple et ce sont les interventions extérieures qui vont le façonner. On voit ainsi la vie après le mariage, sujet souvent peu abordé par le cinéma indien contemporain. On se souvient du film tamoul Alaypayuthey (et de son remake hindi Saathiya), mais le traitement est ici totalement différent. L’aspect social est moins présent et le réalisateur s’est vraiment plus orienté sur la comédie de moeurs et sur les rivalités de pouvoir à l’intérieur du couple. Le mâle dominant veut diriger le couple, mais la femme à forte tendance féministe ne veut pas se laisser faire et chacun joue des coups bas les plus mesquins pour avoir le dernier mot. Les ego de chacun vont se révéler, personne ne voudra céder.

Le sujet est traité de façon légère mais montre bien la difficulté pour une personne de trouver sa place au sein d’un couple, et surtout de maîtriser les influences négatives qui peuvent le menacer. La deuxième partie est aussi intéressante avec l’intervention des grand-parents de Hari pour aider le couple en pleine détresse. De nombreuses scènes fortes viennent émailler l’ensemble, avec des références à la mythologie, ce qui permet de se souvenir du film longtemps après l’avoir vu.
En revanche, les scènes de comédie ne sont pas toutes à la hauteur. Quelques unes se révèlent sympathiques au début mais, comme dans de nombreuses productions telugu, le comique de répétition est légion et le quota comique bien trop élevé alourdit le film et ralentit l’histoire.

L’acteur Jagapathi Babu et l’actrice Priyamani forment un couple irrésistible. La complicité entre la jeune actrice et l’acteur expérimenté transpire à l’écran, que ce soit dans les moments romantiques ou dans les nombreuses scènes de rivalité. Une vraie performance pour la comédienne qui plus tard a mis tout le monde d’accord avec son rôle dans Paruthi Veeran. Jagapathi Babu est comme toujours juste et impeccable. D’ailleurs, ces rôles de gendre idéal lui ont toujours réussi et font fureur auprès du public telugu.

Dans les nombreux personnages secondaires on retiendra les grand-parents de Hari (Kota et Geetanjali) qui forment un couple attachant et plein de vie. Les trublions Krishna Bhagawan et Jhansi sont plutôt convaincants mais le reste du casting fait son job sans être réellement brillant.

L’ensemble est techniquement à la hauteur. La photographie impeccable s’illustre notamment lors des clips tournés à l’Ile Maurice qui sont un délice pour les yeux. On retiendra aussi une musique agréable et très variée. Alternant la douceur (Chelivo), les boites à rythme (Harilo Ranga Hari), la salsa (Salsa Samba), le romantisme (Siri Siri Muvvalle) ou la tradition durant le clip mythologique Manasu Kannu, chaque chanson s’inscrit dans l’esprit du film.

Pellaina Kothalo est donc un divertissement familial de qualité, qui mise sur un tandem Jagapathi-Priyamani détonnant pour nous offrir une comédie romantique piquante.
Si vous avez l’occasion de le voir, ne le manquez pas, car vous passeriez à côté d’un bon moment qu’il est de plus en plus rare de voir dans le cinéma telugu.

FICHE TECHNIQUE :

Année : 2006
Pays : Inde (telugu)
Réalisation : Madan
Acteurs : Jagapati Babu, Priyamani, Astha Singhal, Raju Sundaram, Kota, Brahmanandam, Dharmavarapu, Ali, Sunil, MS Narayana, Krishna Bhagawan, Venu Madhav, Giribabu, Kovai Sarala, Jhansi, Sandesh, Madhu, Hema, Rajitha et Geetanjali
Musique : Agashtya
Producteur : Madan
Support : DVD KAD Entertainment, sous-titres anglais

Aadavari Matalaku Ardhalu Verule (2007)

Après avoir surpris le public tamoul avec ses films Kadhal Konden, 7G Rainbow Colony ou Pudhupettai, dans des genres plutôt sombres, le réalisateur Selva Raghavan a entrepris la conquête du public telugu avec une comédie romantique.

Aadari Matalaku Ardhalu Verule (qu’on pourrait traduire en français par Les mots d’une femme ont plusieurs sens) nous montre comment la communication entre deux personnes peut être difficile, et comment les non-dits peuvent avoir des conséquences très importantes sur leur vie. Ganesh (Venkatesh) est un bon à rien. Risée de sa famille et du quartier, ce célibataire de 30 ans n’a jamais trouvé de travail. Pourtant, un jour, il se retrouve employé dans une multinationale. Sa supérieure n’est autre que Keerthi (Trisha), une jeune femme très belle, indépendante et fière. Prête à tout pour arriver à ses fins, elle va être à l’origine d’un grand traumatisme dans la vie de Ganesh.

JPEG - 15.2 ko
Je suis le roi de la bière !!!

Les comédies romantiques pures ne sont pas légion dans le cinéma telugu. Récemment on se souvient de Nuvvostanante Nenoddantana et Bommarillu, toutes deux très réussies car bourrées de sentiments, élément qui fait cruellement défaut dans le cinéma telugu moderne. En effet, les errances romantiques des héros sont souvent noyées au milieu d’un masala d’action. Adavari Matalaku Ardhalu Verule est ainsi une bouffée d’air frais dans le paysage cinématographique telugu, voire indien. Les sentiments dégagés par les interprètes du film y sont particulièrement sobres : pas de surjeu, pas de drame exacerbé, mais des situations assez plausibles, et des réactions très dignes. On appréciera donc cette retenue, peu fréquente dans les films indiens.

Si Selva Raghavan a toujours su manier les sentiments de ses personnages, il avait pour l’instant utilisé son talent pour amener ceux-ci dans des situations dramatiques, poussées à l’extrême (Kadhal Konden, 7G Rainbow Colony ). Il opère un virage à 140° en proposant une romance pleine de légèreté. Pourquoi pas 180° me direz-vous ? Tout simplement parce que notre réalisateur tamoul aime aussi quand on pleure, et le prouve notamment avec la scène précédant l’entracte.

JPEG - 21.3 ko
Le couple qui fait plaisir

La première partie est très plaisante, avec pas mal de comédie et une présentation des personnages dynamique. Mais la surprise vient de la deuxième partie du film, supérieure à la première grâce à une charge en émotions très forte. Habituellement, on s’ennuie quelque peu après l’intervalle, mais dans AMAV, c’est le contraire, on est captivé par l’histoire, qui devient de plus en plus intéressante. Le réalisateur, auteur également du script, a privilégié une progression dans le film, plutôt que de se concentrer sur la première partie comme c’est souvent le cas. Et si la comédie romantique domine, de nombreuses scènes relèvent du drame familial, ce qui amène le spectateur à mettre à contribution son paquet de mouchoirs.

JPEG - 10.8 ko
Un grand-père intransigeant

Le scénario est bon, la réalisation aussi, mais ce sont également les performances des acteurs principaux qui contribuent à faire d’ AMAV un joli film. Elles sont en effet homogènes et supérieures à la moyenne, et les comédiens apportent assez d’énergie et de sincérité à leur jeu pour rendre crédibles et attachants leurs personnages. Venkatesh est une très agréable surprise. Malgré d’énormes préjugés de ma part sur cet acteur (son look et ses interventions dans certains passages de films), il m’a bluffé, car il est ici excellent dans les scènes comiques, et très naturel dans les scènes plus romantiques ou même dramatiques. Son personnage est très bien écrit, il est d’ailleurs largement plus à l’aise dans ce type de rôle que dans un masala basique (Thulasi, Lakshmi).

JPEG - 13.9 ko
Je me la pète au bureau

Quant à Trisha, elle s’est vu enfin offrir un rôle consistant ! Habituellement engagée par les producteurs tamouls et telugus pour apporter la dose de glamour nécessaire à tout bon masala qui se respecte (Aathi, Thirupatchi), elle opère un changement radical dans sa filmographie. Ses scènes, presque aussi nombreuses que celles de son collègue Venkatesh, lui permettent de nous faire découvrir des facettes jusqu’alors cachées de son talent de comédienne. Impitoyable et sévère au début du film, elle devient douce et subtile par la suite. Espérons que les producteurs accorderont à l’avenir plus de place à son potentiel comique et dramatique. Comme souvent, l’acteur Kota Srinivasa Rao, qui incarne le père de Ganesh, nous impressionne par sa prestation. Les relations conflictuelles mais pleines de tendresse et de pudeur entre le père et le fils sont vraiment l’une des grandes qualités de la première partie du film. Le reste du casting est tout simplement parfait. Tous bien dirigés par Selva, les comédiens concourent à capter l’attention du spectateur quelle que soit la scène.

JPEG - 15.9 ko
Oublier les mots qui font mal

La musique joue également un rôle important dans la réussite du film. Si les mélodies de Yuvan ne sont pas toutes fantastiques à l’écoute du disque, elles rendent en revanche très bien dans le film. Cela nous donne l’occasion de voir des clips romantiques, ou d’autres plus ancrés dans la progression de l’histoire. Succès inattendu du printemps 2007 en Andhra Pradesh, cette comédie romantique aura marqué l’année par sa fraîcheur et sa sincérité. Elle aura contribué, aux côtés de Yamadonga et Happy Days, à sauver une année cinématographique telugu médiocre. AMAV aura également permis à Venkatesh de s’imposer comme l’acteur familial par excellence, et à Trisha de se révéler dans un rôle consistant. A noter que le film a fait l’objet d’un remake tamoul, Yaaradi Nee Mohini, que Selva Raghavan a produit mais pas réalisé.

FICHE TECHNIQUE :

Année : 2007
Pays : Inde (telugu)
Réalisation et Scénario : Selva Raghavan
Interprètes : Venkatesh, Trisha, Sreeram, Kota, K Viswanath, Sunil..
Musique : Yuvan Shankar Raja
Support : DVD KAD Entertainment, sous-titres anglais