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lundi 16 juin 2008

Vikramarkudu (2006)

Vikramarkudu s’inscrit dans la pure tradition des films d’action telugu ( Athadu , Pokiri ). Un cocktail d’épices variés (bagarre, comédie, violence, émotion) formant un vrai masala à l’ancienne, franchement réjouissant, dans lequel excelle Ravi Teja particulièrement en forme dans un genre où il a déjà fait ses preuves ( Shock , Bhagheeratha ).

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Athili Sathi Babu (Ravi Teja) est un escroc sans envergure à Hyderabad. Avec son acolyte Duvva (Brahmananda) ils enchaînent les arnaques les plus abracadabrantes, profitant de la naïveté du petit peuple. Lors d’un de ces méfaits Athili rencontre la belle Neeraja (Anushka) et très vite naissent entre eux des sentiments. Au nom de leur amour Neeraja demande qu’Athili se range du bon côté de la justice.

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Il lui promet de raccrocher les gants après un dernier coup fumeux : en l’occurrence dérober les bagages d’une riche nord-indienne fraîchement débarquée à la gare. Mais leur butin inattendu (une petite fille) va plonger notre héros dans l’embarras et l’entraîner dans une sombre aventure, le confrontant aux ténors de la pègre locale ainsi qu’à une bande de fanatiques reclus dans les montagnes.

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Toute la première partie de Vikramarkudu est placée sous le signe de la comédie, le réalisateur Rajamouli réussit avec brio le difficile exercice de nous faire rire 1h20 durant en évitant les lourdeurs habituelles au genre. Comédie d’autant plus percutante que le reste du film prend une tournure tout autre : un thriller dramatique et violent particulièrement prenant. En effet, peu avant l’intervalle Vikram Rathod, un alter-ego sosie de Ravi Teja entre en scène. Il est aussi sombre et dur qu’Athili est naïf et drôle. Justicier incorruptible et sans pitié, Vikram a entrepris de nettoyer Hyderabad de ses éléments nuisibles par la manière forte. Bien malgré lui, Athili va être emporté dans le tourbillon de violence qui s’ensuit.

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En 2005 le réalisateur à succès avait déjà signé deux films aussi réussis que différents : le film de rugby Sye et le polar Chatrapathi . Il confirme ici sa maîtrise avec une réalisation classique mais très efficace, qui se permet quelques effets de style particulièrement réussis et jamais gratuits. Par exemple, dans une scène la caméra s’éloigne dans un long travelling arrière d’un personnage laissé pour mort au terme d’un règlement de compte. On découvre alors l’ensemble de la ville d’Hyderabad vue du ciel. La scène se conclut par une vertigineuse redescente vue par le prisme d’une goutte de pluie venant frapper le visage du personnage. Une scène anthologique qui marque les esprits. La photo très travaillée fait ressortir des tons organiques. Ocre comme les chairs. Rouge comme le sang. Glauque et humide. En grand contraste avec les couleurs vives et joyeuses du début du film.

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Vikramarkudu est le premier double rôle de Ravi Teja. On assiste à un véritable One Man Show du roublard moustachu aussi crédible en bouffon désinvolte qu’en vengeur sanguinaire. Anushka apporte une fraîcheur salvatrice, notamment dans les scènes chantées et les tête-à-tête romantiques. Fidèle à lui-même, Brahmananda est l’acolyte idéal (comme dans Jai Chiranjeeva ... et la plupart de ses films) au timing comique parfait. La horde de méchants n’est pas en reste et suscite dégoût et crainte.

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Les chansons sont non seulement agréables à l’écoute mais leur rendu visuel, tout en excès, étoffe le potentiel comique de Ravi, preuve du savoir-faire du réalisateur. Festival de couleurs, de costumes extravagants, de chorégraphies hilarantes et d’attitudes décalées. Une exubérance pleinement assumée au sein de décors magnifiques.

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Seule minuscule ombre au tableau : le climax final qui suscitait d’énormes attentes, traité trop rapidement, un peu en deçà de la qualité du film. Au final Vikramarkudu est un divertissement total, drôle et sombre, violent et exubérant. Une réussite confirmée par un franc succès au box-Office d’Andra Pradesh : onze crores en un mois d’exploitation, classant le film parmi les cinq plus grands succès de 2006. Le personnage d’Athili est devenu à ce point populaire qu’un film Athili Sattibabu LKG lui a été consacré. La Jawad-Gorka team vous recommande vivement Vikramarkudu !

Fiche technique

Année : 2006
Pays : Inde (Telugu)
Réalisation : SS Rajamouli
Scénario : S.S. Rajamouli
Histoire : Vijayendra Prasad
Dialogues : M Ratnam
Musique : MM Keeravani
Acteurs : Ravi Teja, Anushka, Prakash Raj, Vineeth Kumar, Brahmanandam, Ali, Meghna Naidu...
Directeur de la Photographie : Sarvesh Murari
Producteur : ML Kumar Chowdary
Support : DVD KAD Entertainment, Sous-titres anglais, accès direct aux chansons, Widescreen, All zones NTSC.

Okkadunnadu (2007)

Après deux réalisations remarquées et pour le moins acclamées (Aithe et Anukokunda Oka Roju), le réalisateur Chandra Shekar Yeleti revient et s’essaye au film commercial avec au casting la nouvelle star des films d’actions Gopichand.

Gauthami (Neha Jhulka) fait partie d’une agence immobilière et de prêt à Mumbai. Elle fait signer un contrat entre Gowri Shankar (qui possède une banque) et Seth pour la vente d’un appartement. Les 3 mois de délai obligatoires ne conviennent à Kiran (Gopichand), le fils de Gowri Shankar.

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Complicité tellement rare

Il vient presser la jeune fille en demandant l’argent instantanément mais voit ses réclamations refusées malgré ses efforts. Mais dans le même temps, Kiran va se retrouver lié malgré lui au chef de la mafia locale. Sonu Bhai (Mahesh Manjrekar), a besoin d’une transplantation urgente de coeur. Il possède un groupe sanguin très rare, à savoir le groupe sanguin Bombay, c’est pourquoi il recherche les rares personnes qui peuvent l’aider, quitte à les éliminer ensuite. Kiran est également du même groupe sanguin, mais les intimidations de Sonu Bhai et ses méthodes vont plonger Kiran dans une course poursuite impitoyable.

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La méthode de Gopichand pour se faire des amis

Le thème du film est original et l’histoire est plutôt captivante. Le début est haletant, et la recherche des personnes possédant le même groupe sanguin que Sonu Bhai permet au réalisateur de montrer ses talents de monteur et de cadreur. Cependant, l’intrigue amoureuse est assez ennuyeuse. La façon inhabituelle d’aborder la relation en opposant toalement les deux amoureux est distrayante au début, mais par contre le réalisateur n’arrive pas faire évoluer cette relation. Du coup, même à la fin, on ne perçoit que peu de sentiments entre le couple.

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Promenade dans la rue

Les rebondissements sont dans l’ensemble bien amenés,mais de nombreux clichés sont présents et alourdissent le film. Ainsi on a l’impression d’avancer en terrain conquis et la seconde partie n’offre que peu de suspens. Le héros est tellement supérieur à la mafia locale que l’on sait très bien comment le film se terminera. De même, la fin du film est assez abrupte et on a l’impression que le réalisateur a été pressé de finir. Après ses deux films Aithe et Anukokunda Oka Roju, tous deux semi commerciaux et excellents, on était en droit d’attendre un passage au film commercial orchestré de manière explosive. Ce n’est pas le cas, et un autre réalisateur aurait pu arriver à un résultat similaire. Si, au niveau de l’histoire, les bons ingrédients côtoient les moins bons, la partie technique est sans discussions. Les combats sont tout simplement excellents. Certaine scènes comme celle de l’entrepôt sont saisissantes de réalisme et laissent le souffle coupé. Malgré la présence de câbles et de pirouettes totalement improbables dans plusieurs combats, les scènes d’actions sont le point fort du film.

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Peu académique mais efficace

La musique est signée par M.M. Kreem, mais elle est moyenne. Certaines chansons sont très efficaces (Manakakkarledu et Adugadugunaa), d’autres passent assez inaperçu. Les clips sont de bonne qualité, le clip tourné à Dubai est vraiment spécial, avec Gopichand qui joue à Salman Khan le temps de la chanson. On espère vraiment qu’il s’agit plus d’un clin d’oeil que d’une volonté de se prendre au sérieux.

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Un héros pas content

Gopichand porte clairement le film. L’excellent acteur réussit aussi bien les scènes d’actions, la comédie, et surtout il sait très bien jouer "The young angry man". Ses précédents rôles de méchant lui ont servi pour avoir l’air à ce point dans la peau du personnage revanchard. Neha Jhulka n’est pas très crédible. D’une part, son rôle n’est pas bien écrit. D’autre part, son allure et ses expressions sont complètement standard, une autre actrice à la place aurait pu prendre le rôle et lui donner plus de présence. Le méchant principal, joué par l’acteur hindi Mahesh Manjrekar est assez moyen. Il ne surjoue pas mais n’est pas servi par l’écritue du rôle. Ce supossé chef de mafia locale est entouré d’incapables et a plus l’allure d’une marionnette guignolesque que d’un truand sans pitié. C’est Rahul Dev dans un rôle à contre-emploi qui laisse la plus grande impression.

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Un peu bourrin pour faire ses courses !

A partir du sujet traité, on aurait pu avoir un film d’action à suspens, et bourré d’adrénaline. On se retrouve avec un masala typique plutôt facile à regarder, mais qui est en deçà des attentes. La déception ne vient pas du film en lui-même, mais du réalisateur qui avait proposé des films de qualité et originaux. A part le thème qui sort de l’ordinaire, le reste est un film d’action standard, bien réalisé, assez efficace et surtout porté par Gopichand. Si vous n’aimez pas les films d’actions et que vous n’êtes pas fan de Gopichand, oubliez Okkadunadu. Sinon, regardez-le et vous passerez un moment divertissant.

Fiche Technique :
Année : 2007
Pays : Inde (Telugu)
Realisation : Chandra Sekhar Yeleti
Acteurs : Gopichand, Neha Julka, Mahesh Manjrekar, Suman, Nassar, Tanikella Bharani, Rahul Dev, Giribabu, Brahmanandam, Raghubabu, Uttej & Ramesh
Scenario : Chandra Sekhar Yeleti
Musique : M.M. Keeravani
Producteur : Cherry
Support : DVD KAD Entertainment, Sous-titres anglais

Desamudhuru (2007)

Le réalisateur Puri Jagannadh revient après son blockbuster Pokiri, qui avait réécrit tous les records pour un film telugu. Son nouveau film, Desamuduru, sorti pour Sankranthi 2007, a récolté également un énorme succès. Analysons quelque peu les éléments qui ont pu conduire un si mauvais film à plaire aux masses.

Disons-le franchement, Desamuduru est un très mauvais film. Pas besoin de tergiverser pendant des heures, le mal est fait dès la première demi-heure.
Mais alors, comment ce film a-t-il pu plaire à un public pourtant de plus en plus exigeant ? Le rythme totalement absent, le scénario digne d’un Oui-Oui en balade, la présence flasque de l’actrice Hansika , le charisme inexistant d’ Allu Arjun ou la perte de temps devant un si gros raté ?

Essayons de trouver d’autres explications alors... Voici les 4 hypothèses retenues après l’expérience de visionnage traumatisante subie à la vue de DesaMuduru.

Hypothèse n° 1/

La promotion centrée autour du nouveau look de l’acteur ( ?) Allu Arjun a sans douté joué en faveur du film pour susciter l’envie et la curiosité.
Allu Arjun est surnommé "Style Star" depuis plusieurs films grâce à ses facultés à rester classe, fashion et bien coiffé en toutes occasions (des pas de danse pour la chanson d’introduction à la bagarre finale contre le méchant).
Desamuduru ne fait pas exception. Les cheveux longs et sauvages, le regard rempli de kohl, notre Style Star avait tous les ingrédients pour rameuter les jeunes groupies d’Hyderabad.

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Même les moines trouvent qu’il a du ’Style’ !

Mais un élément essentiel a complètement changé la donne en matière de promotion.
Jamais la sauce tomate, censée représenter le sang de ses adversaires, n’aura été si fashion que sur le corps d’ Allu Arjun luisant déjà d’huile d’olive.
On pourrait presque le surnommer l’homme-sandwich tellement ses fans le trouvent à croquer. Pour couronner le tout, il nous sort le regard à la Jean-Claude Vandamme , assez énervé mais pas trop, pour ne pas faire apparaitre les rides du front.

Hypothèse n° 2/

L’autre facteur essentiel dans le succès du film, c’est la musique de Chakri . Le compositeur a totalement excellé en réalisant une BO très moderne, tout en puisant ses influences au Nord de l’Inde. Les chansons sont rapides et les rythmes fous font penser à des chansons punjabi. La mise en image de ces tubes avec Allu Arjun exécutant des pas de danse révolutionnaires (dixit la promo) a créé la folie auprès des jeunes.

Hypothèse n° 3/

Autre carte utilisée par l’équipe du film pour obtenir le succès, les paysages d’Himashal Pradesh. Des superbes montagnes, des champs à pertes de vue, des temples ont réellement été bien capturés par la photographie de Shyam K. Naidu .

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J’espère que j’aurai pas trop de boutons avec tout ce ketchup sur la tronche...

Hypothèse n° 3 bis/

Evidemment ce ne sont que des hypothèses pour expliquer le succès de ce film d’action qui pourrait avoir sa place aussi dans une autre catégorie : le comique.
En effet, la révélation du film est sans nul doute la comédienne Hansika , qui fait preuve d’un talent assez bluffant pour nous faire rire les 3/4 du film. Son regard dans le vide, sa façon de s’interroger pour savoir si on tourne vraiment un film, son inventivité pour faire des poses improbables et sa faculté à aligner quatre mots à la suite sans cligner de l’oeil sont autant de qualités artistiques qu’on a hâte de revoir dans le futur.

Hypothèse n° 4/

Autre idée révolutionnaire : se passer d’un scénariste. Et oui, le réalisateur va droit au but, fait une escale avec ses potes dans les montagnes d’Himachal Pradesh et ne peut s’empêcher de tourner deux ou trois clips. Son assistant lui suggère de remplir avec plusieurs autres scènes imaginées par la nouvelle stagiaire, et le tour est joué !
Il fallait y penser.

Les hypothèses ne sont guère concluantes et le mystère planera autour du succès de ce film pendant de longues années. Mais c’est sans doute Juri Pagannadh qui est le seul à avoir la réponse. Visiblement inspiré par les plus grands classiques de Chuck Norris et Jean-Claude Vandamme , le réalisateur fautif sait que le public d’Andhra est friand de ce genre film. Il lui reste à inviter Dolph Lundgren en guest-star dans son prochain film.

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Je crois que je vais devenir allergique au ketchup

FICHE TECHNIQUE :

Année : 2007
Pays : Inde (Telugu)
Réalisateur et scénariste : Puri Jagannadh
Interprètes : Allu Arjun, Hansika Motwani, ...
Musique : Chakri
Support : DVD KAD Entertainment, sous-titres anglais